Le télétravail attire de plus en plus d’adeptes, le fait d’être chez soi ou dans une structure adaptée ne doit pas laisser le télétravailleur négliger son image. L’orthographe et la grammaire font partie de cette perception que les sociétés et autres auront des écrits envoyés, tout autant que de la qualité de la prestation du télétravailleur. Marie-Pierre Nogues-Ledru pour seformer.fr fait le point sur cette tendance…

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Avec 16,7 % d’actifs concernés, soit 4,2 millions de personnes, le télétravail décollerait-il enfin dans notre pays ? Portrait-robot du télétravailleur et témoignages d’entreprises.

Le télétravail, c’est parti ? Avec 16,7 % des actifs concernés, il ne serait plus un phénomène marginal réservé à quelques métiers spécifiques, mais un mouvement de fond, selon une enquête récemment parue. Sans doute aidé par la loi de 22 mars 2012, qui a introduit la notion de télétravail dans le Code du travail.

Des salariés du privé et du public

Les télétravailleurs sont bien sûr des indépendants et des « free lance », mais qui ne représentent que 35 % d’entre eux. Les autres sont des salariés, du secteur privé (48 %) comme du secteur public (17 %). 80 % travaillent à domicile, les « tiers lieux » (espaces de « coworking », télécentres, centres d’affaires ou bureaux partagés) accueillant très majoritairement les indépendants.

Limité dans le temps. 37 % des salariés télétravaillent un à deux jour par mois, 34 % un à deux jour par semaine. Le télétravail reste donc limité dans le temps, essentiellement pour ne pas risquer de faire perdre au collaborateur le lien avec l’entreprise, la grande crainte des employeurs encore réticents.

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L’essayer c’est l’adopter ?

Car les a priori négatifs restent bien ancrés : selon l’enquête, 78 % des managers craignent que le télétravail ait un impact négatif sur l’efficacité de leurs équipes. 55 % le jugent incompatible avec la culture de l’entreprise et 56 % avec l’activité de leurs collaborateurs.

Plus positif dans les entreprises qui l’utilisent. Pourtant, ceux qui l’ont essayé en ont vu les bénéfices. Les managers qui ont sauté le pas ne sont plus que 41 % à craindre une perte d’efficacité, 16 % à juger que le télétravail est incompatible avec la culture d’entreprise et 18 % avec l’activité des collaborateurs.

Pour les salariés aussi. Ce sont les salariés qui semblent les plus convaincus : 82 % d’entre eux y trouvent un impact positif sur leur concentration et leur productivité, 80 % estiment qu’ils sont moins stressés et moins fatigués, et 76 % en tirent un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle.

Avec un cadre précis

« Nous avons lancé le télétravail à la suite d’un déménagement qui rallongeait le temps de transport de nos collaborateurs, indique Annick Riou, directrice du développement RH chez Atos. Les freins les plus forts ont été du côté des managers, mais cela est derrière nous, grâce à des actions de formation et un cadre bien posé. Aujourd’hui, le télétravail fait partie de notre culture d’entreprise. Les bénéfices sont évidents pour tous : amélioration de la qualité de vie, plus grande facilité de concentration et meilleure performance individuelle. »

Une forte demande des salariés. Pionnière dans le domaine. Alcatel Lucent a commencé une réflexion sur le télétravail en 2003, en lançant une expérimentation. « Les organisations syndicales étaient d’abord réticentes, mais ont évolué devant la forte demande des salariés, affirme Aurélia Leclerc, DRH d’établissement. La limite de deux jours de télétravail par semaine a été notamment négociée. En 2008, l’accord a finalement été signé par tous les syndicats. ». Dorénavant, 50 % des salariés télétravaillent, et ce dans tous les métiers de l’entreprise.

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Des salariés choisis avec soin

Chez l’assureur Groupama, les choix sont autres : moins de télétravailleurs, mais sur une durée plus longue. « Sur 2.000 salariés dans notre région, 45 d’entre eux télétravaillent jusqu’à quatre jours par semaine, précise Blaise Barbance, directeur du développement des RH Rhône-Alpes-Auvergne. Ce sont des chargés de clientèle sur les plates-formes téléphoniques. Nous avons été très vigilants sur le choix des personnes éligibles, compte tenu de l’amplitude du télétravail, et avons retenu des salariés expérimentés et bien intégrés. »

Et les résultats sont probants. Nous observons une baisse de l’absentéisme, une augmentation de la performance et de la disponibilité auprès des clients, relève-t-il. Clairement, le télétravail a remotivé des salariés.

Quelles conditions de réussite ? 

Entre les « pro » et les « anti » télétravail, comment faire la part des choses ? L’Obergo, observatoire sur télétravail et de l’ergostressie, réalise depuis 2010 une enquête annuelle intitulée « Les conditions de réussite du télétravail ». 

Les résultats de la dernière enquête, parue en 2012, mettaient en évidence des avantages et des inconvénients pour les salariés :

• 90 % des salariés estimaient une amélioration de leur vie personnelle ;
• 77 % pensaient que leur productivité avait été améliorée ;
en contrepartie,
• 64 % estimaient que leur temps de travail avait été augmenté ;
• 35 % que des coûts personnels liés à leur activité avait progressé.
Ce que résume l’Obergo : Le télétravail, c’est « Plus de temps et de charge de travail/plus de qualité de vie ».

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