« Noé t c se kil i a fair en techno »…

« Kikou ca va c pour te dire qe je fé la gueule a manon »…

Quel parent d’adolescent(e) ne s’est pas arraché les cheveux devant la façon dont sa progéniture écrivait ses innombrables SMS ? Lequel n’a pas craint que la chair de sa chair ne parvienne jamais à maîtriser l’orthographe pour cause de « textotisme » aggravé ? Une étude du Centre de recherche sur la cognition et l’apprentissage, publiée dans le « Journal of Computer Assisted Learning », va peut-être les apaiser un peu. Les chercheurs ont passé au crible un corpus de plus de 4.500 SMS rédigés par une vingtaine de jeunes de 12 ans qui n’avaient jamais touché à un téléphone mobile avant le début de l’étude. Pour chacun de ces morceaux d’anthologie, ils ont calculé la densité de  « textismes », c’est-à-dire le nombre de changements dans la forme orthographique d’un mot (« c » pour « c’est », « cc » pour « coucou », etc.) divisé par le nombre total de mots du SMS. Leurs conclusions vont à rebours des préjugés communs. Primo, il n’existe aucun lien entre le niveau en orthographe et la forme des SMS. Secundo, ce sont les bons élèves en orthographe qui se permettent le plus de « textismes ». Tertio, l’écrit traditionnel et l’écrit SMS mobilisent les mêmes capacités cognitives. « Ki lu cru ? ».

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