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Voici un des sommets du sport orthographique,

le fameux accord du participe passé.

Être + participe passé

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire être s’accorde avec le sujet.

Ex. : Les enfants sont partis à l’école.

Avoir + participe passé

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct (COD), si – et seulement si ! – celui-ci est placé avant le verbe. Cette règle a été popularisée en France par le poète Clément Marot, au XVIe siècle. Auparavant, elle n’était pas appliquée. La difficulté consiste à bien identifier le COD.

Ex. : Il a bien aimé la dernière voiture qu’il a essayée.

La clé de l’accord, c’est le complément d’objet direct. Tout l’art est de bien le repérer !

Astuces

  • Cherchez le COD en posant la question quoi ? qui ? juste après le participe passé.
  • Remplacez le participe passé par un autre dont la forme varie au féminin, par exemple, produit(e), pris(e).

Ex. : Les fenêtres qu’il a choisies/prises sont en rupture de stock.

Prudence avec les pronoms compléments !

Le COD avec lequel le participe passé s’accorde peut être un pronom placé devant l’auxiliaire avoir. Mais il faut se méfier de certains pronoms.

  • Quand le COD est en, pronom neutre qui équivaut à de ceci, de cela, la règle classique veut qu’il n’y ait pas d’accord.

Ex. : Des solutions, il en a bien proposé mais aucune n’a été retenue.

  • La forme élidée l’ est parfois neutre ; elle provient du pronom le et correspond à cela. Le participe reste alors au masculin.

Ex. : La décision est plus grave que nous ne l’avions imaginé.

  • Les pronoms personnels me, te, nous et vous peuvent être, non pas COD, mais COI (complément d’objet indirect), auquel cas il n’y a pas d’accord du participe passé.

Ex. : Elle nous a parlé de toi.

Le COD n’est pas toujours celui que l’on croit.

Lorsque le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir est suivi d’un infinitif, il y a deux possibilités :

  • Je les ai vus partir. J’ai vu qui ? les partir. Il y a accord puisque le COD est les, placé avant l’auxiliaire.
  • Je les ai envoyé chercher. J’ai envoyé chercher qui ? les. Les est COD de chercher, pas de l’auxiliaire. Le participe ne s’accorde pas.

Astuce

Pour savoir si le participe s’accorde, intercalez le pronom entre le participe et l’infinitif et ajouter l’expression en train de. Si la phrase reste sensée, le participe s’accorde.

  • J’ai vu (les) en train de partir. Cela fonctionne.
  • J’ai envoyé (les) en train de chercher. Cela ne fonctionne pas.

Chez les COD, il y a aussi des faux !

Certains verbes intransitifs, qui n’ont pas de complément d’objet direct, possèdent un complément circonstanciel : coûter, valoir, peser, mesurer, vivre, courir, marcher, dormir, durer, reposer, régner. Leur participe passé conjugué avec avoir reste invariable.

Ex. : J’ai payé les 10 000 € que la voiture a coûté.

Quelques-uns de ces verbes ont un emploi transitif au sens figuré : coûter, peser, courir, valoir, vivre. Dans ce cas, leur participe s’accorde avec le COD s’il est placé avant le verbe.

Ex. : Les critiques que cette initiative m’a values n’étaient pas fondées.

Astuce

Ne confondez pas le COD et le complément circonstanciel. Le COD répond à la question quoi ? Le complément circonstanciel de temps, de masse, de prix, de distance, etc. répond à la question combien ?

Quand le COD n’est pas simple, l’accord du participe non plus !

Quand le COD est un collectif ou un adverbe de quantité suivi d’un complément, il faut faire appel au sens général pour accorder le participe passé.

Ex. : Aucun de ceux que vous avez réunis acceptera le défi. Vous avez réuni qui ? ceux (et non pas aucun de ceux).

Le participe passé s’accorde avec un ou peu si on veut insister sur la notion de quantité.

Ex. : Un des habitants, que la population avait plébiscité, prit les rênes de l’association.

Remarque

L’hésitation est parfois permise. Laissez-vous guider par le sens.

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Le participe passé des verbes pronominaux

S’il y a bien un obstacle sur lequel on trébuche, c’est l’accord des participes passés des verbes pronominaux !

Les verbes pronominaux sont toujours conjugués avec être aux temps composés. Leur participe passé s’accorde donc a priori avec le sujet.

Verbes essentiellement ou accidentellement pronominaux ?

Les verbes se méfier, s’empresser, s’agenouiller, s’écrouler et d’autres tels que s’abstenir, s’accouder, s’accroupir, s’absenter, se cabrer, s’évader, s’ingérer, se repentir, se ruer, se souvenir, etc. s’emploient essentiellement à la forme pronominale (avec le pronom réfléchi ou non réfléchi me, te, se…). Leur participe passé s’accorde systématiquement avec le sujet.

Ex. : Elle s’est méfiée dès le premier jour.

Mais de nombreux verbes ne sont pas toujours pronominaux. Ils sont dits accidentellement pronominaux (fixer, octroyer, accorder, créer…). Dans ce cas, être a valeur logique d’avoir et le participe passé s’accorde avec le COD si celui-ci est avant le verbe.

Ex. : Ils se sont accordé d’importantes primes. Qui plus est, les salaires qu’ils s’étaient octroyés étaient particulièrement élevés.

Astuce

Reconstruisez la phrase avec le verbe avoir et en posant la question qui ou quoi ? Ex. : Ils ont accordé quoi ? d’importantes primes ; ils ont octroyé quoi ? que (dont l’antécédent est salaires, masculin pluriel) à qui ? à se (eux-mêmes), accordé ne s’accorde pas (COD placé après), tandis qu’octroyé s’accorde (COD placé avant).

Inversement, s’il est impossible de faire une phrase sans le pronom me, te, se, etc. ou de remplacer être par avoir, on a affaire à un verbe essentiellement pronominal et l’accord se fait donc tout naturellement avec le sujet.

Remarques

  • Le pronom réfléchi peut être non pas complément d’objet direct (COD), mais complément d’objet indirect (COI). Il répond à la question à qui ? à quoi ? Et, quand il y a un COD, il est placé après le verbe. Il n’y a donc pas accord.

Ex. : Ils se sont téléphoné et se sont partagé le travail.

  • L’infinitif qui suit un participe passé de verbe pronominal est le COD de ce verbe. Il n’y a donc pas d’accord.

Ex. : La difficulté s’est fait sentir.

Cécile Vrignon, pour Orthogramm

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