Dans le cadre de la réforme de l’évaluation scolaire, le ministère de l’Éducation nationale a pour ambition de stimuler pour ne pas décourager.
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Voici les propos recueillis par Hélène Hauss et Véronique Maribon-Ferret pour leparisien.fr concernant cette réforme de l’évaluation scolaire :

Réforme de l’évaluation scolaire : Hamon veut «stimuler au lieu de décourager».

Benoît Hamon, le ministre de l’Education nationale, a lancé ce mardi une consultation pour réformer l’évaluation des élèves. Son objectif : encourager les progrès et valoriser les acquis. Il nous détaille, en exclusivité, la mission de la conférence nationale d’évaluation.

Pourquoi lancez-vous cette conférence ?

Benoît Hamon – Aujourd’hui, notre système d’évaluation souligne les lacunes et les échecs des élèves, ce qui peut être très décourageant pour certains. La dernière enquête Pisa l’a montré : les jeunes Français sont ceux qui redoutent le plus l’erreur et dont les taux de non-réponse aux questions posées sont les plus élevés, par peur de faire une faute. Je lance donc une réflexion pour une nouvelle évaluation au service de l’apprentissage et des progrès des élèves.

Le système d’évaluation français est donc si mauvais ?

B.H. – Tout le monde a le souvenir d’un échec à l’école. En France, nous sommes définis par rapport à ces échecs. Si vous avez 10 de moyenne, on considère que vous « valez » 10. Cela satisfait d’abord les familles qui maîtrisent les codes de la réussite à l’école. Il faut en finir avec ces délits d’initiés. L’évaluation doit permettre aux enseignants et aux enfants de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir. Il faut qu’elle soit plus exigeante, qu’elle en dise plus ; qu’elle soit bienveillante et qu’elle stimule au lieu de décourager.

C’est-à-dire ?

B.H. – Prenez l’exemple de l’anglais. Au niveau européen, il est évalué sur six niveaux allant de A1 à C2. Le B2 prouve que l’on est capable de tenir une discussion courante, tandis qu’un 12/20 sur un commentaire de texte ne dit pas votre aptitude à parler anglais. Il faut sortir de la logique « acquis » ou « non acquis », car il y a différents degrés d’acquisition. Un écolier qui éprouve des difficultés en grammaire et en syntaxe obtiendra zéro en dictée. S’il a progressé en syntaxe, mais qu’il fait encore trop de fautes en grammaire, il aura toujours un zéro. Comment peut-il savoir qu’il a progressé ?

Pourra-t-on revoir le système d’évaluation sans remettre à plat le brevet et le bac?

B.H. – Il n’y aura pas de tabou dans cette conférence. Mais le bac ne doit pas cannibaliser tout le débat sur l’évaluation des élèves. Car, bien avant le bac, au-delà de leur destin scolaire, les élèves jouent également leur destin social. À quels moments doivent intervenir les évaluations ? Y aura-t-il des évaluations intermédiaires ? En fin de cycle ? L’un des enjeux de la conférence sera de trouver comment on les articule. Elle pourra s’appuyer sur les propositions du conseil supérieur des programmes qui me seront remises en juillet.

S’oriente-t-on vers la fin de la note ?

B.H. – Il faut sortir d’une posture idéologique à l’égard de la note ou de l’absence de note. La note doit être utilisée à bon escient. Elle est utile, mais, quand elle paralyse, on doit lui substituer d’autres formes d’évaluation. La note ne doit pas être l’unique étalon. Aujourd’hui, on doit pouvoir apprendre et évaluer différemment comme avec les travaux personnels encadrés (TPE) par exemple, qui permettent de juger l’aptitude de l’élève à travailler de manière collective.

Pourrait-on supprimer définitivement le redoublement ?

B.H. – Tous les élèves n’apprennent pas au même rythme. On peut concevoir qu’un certain nombre de connaissances attendues à la fin de la 6e ou du CE 2 puissent être acquises plus tard. Je ne prône pas l’évaluation à la carte, mais une évaluation au service des apprentissages. Il faudra former les enseignants à ces nouvelles pratiques. On ne peut plus leur dire : « On vous laisse dans votre classe et advienne que pourra. » Je ferai des propositions pour développer des moyens d’évaluer à la fois intelligibles pour les parents, les enfants et, bien sûr, les enseignants.

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